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Jambo du Mt Kenya, 5188 mètres

Écrit par David Jeudi, 22 Décembre 2011 19:59

Et voilà, après le Mt Poï, nous poursuivons notre aventure dans ce monde de contrastes où se mêlent pauvreté, sécheresse et altitude.

Nous choisissons l'altitude.

Encore 2 - 3 déboires pour négocier l'équipe guide, porteurs, cook et nous préparons nos sacs malgré un prix démesuré pour avoir le droit de vomir à 5000 mètres ...

L'aventure déjà à 200 km/h s'accélère encore. Nous refaisons nos sacs, 14h nous sommes sur la route, 16h30 nous terminons les dernières mises à jour sur le site ERTIPS Expédition, récupérons l'équipe et prenons la piste de Met Station - 3050 mètres d'altitude. L'entrée au Parc ferme à la circulation à 18h00.

C'est là que Fred use de toute son agilesse (!) pour mener le 4*4 au camp, les pluies du jour ayant détrempées la piste. Perso le but aurait été à ce niveau : 'Dédeil j'ai peur'

Le lendemain, 1200 mètres d'approche pour le fun. Le paysage est grandiose, mais moins dépaysantque la savane du Mont Poï. Mc Kinder camp est atteint en milieu d'après midi. Ca y est nous sommes au pied du mont Kenya, à 4300 m.

Afin de suivre au plus près les conseil de Fred le médecin de l'équipe, nous allons nous balader sur les hauteurs du refuge pour nous acclimater et profiter du panorama. Mais acclimater est un terme que nous allons balayer d'un revers de piolet ... Pas le temps, trop cher, Amyot fait émerger l'idée de partir à 5h00 et de faire la normal route car le reste n'est pas ou plus en condition. La course sera une expédition express pour répondre aux exigences alpines et financières. Notre guide en perd son latin.

Peu d'acclimatation, une météo variable sont les ingrédients pour se frapper un mal de tête insupportable de Dédeil et Moi. Amyot quant à lui nous lance des sourir compatissants. Alors vous souffrez !

A 11h30 le sommet est atteint et la descente entreprise au pas de charge. Surtout ne pas prendre la pluie.

15h00 retour au camp sous le regard surpris de notre guide.

Bref une course techniquement simple qui a trouvé sa saveur dans l'altitude pour Fred et David, Amyot pouvant se targuer de ses aventures avec son amoureuse en Bolivie en Octobre dernier à plus de 6000m.

 

P.S. : les images valent souvent mieux qu'un long récit. Patience, nous vous en ferrons part dès que possible, les réseaux Kenyans ne se prétent pas particulièrement au transfert des octets.

 

Le mont Poï

Écrit par Amyot Mercredi, 21 Décembre 2011 13:27

Arrivés à N'Gurunit à la tombée de la nuit ce lundi 12 décembre, nous quittons notre guide ABDI, le rendez vous étant fixé pour le lendemain matin. Nous n'aurons droit au repos qu'après avoir préparé les sacs, trié le matos, estimé la quantité d'eau à emporter, envisagé une stratégie plus ou moins bancale. Le tout sous un nuage de mouches et autres insectes locaux que la lumière attire.

Mardi 13, notre guide, les porteurs et l'agent de sécurité local, JAMES (armé d'un fusil d'assaut et d'une bonne humeur à toute épreuve) nous rejoignent et découvrent leur charge du jour. MELIN, membre du conseil du village sera notre guide sur le terrain. Affublé d'une paire de sandales, d'un t-shirt, d'un tissu faisant office de jupe et d'un couteau-machette, il prendra en main l'approche avec beaucoup de dignité. Celle-ci est une marche d'environ 5h30 faisant alterner les prairies bucoliques et les luttes contre la gente végétale, nos sachons n'étant pas des plus appropriés pour se faufiler entre les ronces des sous bois. L'objectif initial était d'atteindre le pied de la falaise lorsque le soleil quitte celui-ci pour nous permettre de grimper quelques longueurs avant la nuit mais le rythme de progression nous forcera à le revoir à la baisse. Les pauses alternent en effet avec les courtes marches et les dalles d'attaque ne seront atteintes que vers 16h00. Cela nous permettra malgré tout de grimper 2 longueurs et d'installer les ledges hors de portée de la faune locale que nous supposons hostile.

Les trois jours suivants sont guidés par les mêmes impératifs: se protéger du soleil et attendre l'ombre pour grimper. Cette voie s'y prète parfaitement puisque deux grottes jalonnent l'itinéraire. Le tout étant de les atteindre avant la nuit si possible.

Le moral est en berne lorsque après notre nuit en paroi nous devons patienter sur une vire herbeuse, abrités des morsures du soleil par les toiles des ledges. Le doute s'immisce, l'ascension est elle envisageable dans ces conditions ? En cette saison ?

Remotivés par la fraicheur nous atteignons la première grotte après 8 longueurs qui donnent le ton pour la suite: l'escalade se fera principalement sur des réglettes dont la solidité est parfois plus que douteuse. Fred atteint la grotte dans la nuit noire, il ne reste plus qu'à hisser nos quelques sacs, demain nous n'aurons pas l'impression d'être des mouches sur une tôle surchauffée par le soleil. Un grognement dans la nuit nous interpelle, nous apprendrons par la suite qu'il s'agissait d'un léopard, l'afrique reste sauvage et dangereuse.

Grasse matinée dans l'anfractuosité, petit déjeuné à l'ombre face à la savane, nous voilà reboostés et le sommet nous parait de nouveau envisageable.

La journée suivante est sensiblement identique, de très belles longueurs sont enchaînées, les sacs hissés et la seconde grotte est atteinte par Fred à la lueur de la frontale.

La dernière journée d'ascension sera moins exigeante: nous laissons le matériel dans la grotte, grimpons légers pour revenir y bivouaquer ensuite. Les longueurs sont d'une qualité beaucoup plus variable, du très esthétique devers à trous en gneiss rouge aux pas de bloc sur du rocher très friable. Merci à David pour ton engagement dans cette difficulté.

Le sommet est atteint à pied vers 16h30 le vendredi, la savane s'étend à perte de vue, le soleil lèche le sommet et de gros cumulus déversent ça et là une averse. L'aventure n'est pas terminée pour autant: la descente en rappel de la voie ne semble pas commune et pour quelques passages l'incertitude demeure.

Les rappels s'enchaînent malgré tout sans difficulté et pour une fois les horaires seront largement tenus: nous rejoignons le pied de la face avant midi.

Alors que nous entamons la descente nous apercevons JAMES et un porteur, venus à notre rencontre. Ces retrouvailles sont chaleureuses et leur aide sera précieuse sur cette itinéraire nouveau.

Retrouvailles également au village ou nous échangeons nos impressions avec les habitants. C'est un grand moment de partage.

 

Un départ plein d'incertitudes

Écrit par Fred Mardi, 20 Décembre 2011 14:27

Samedi 10 décembre 2011, 7h00

35a,35b,35c.... Enfin, nous nous installons dans l'avion pour Naerobi. Notre objectif principal est le mont Kenya mais nous espérons pouvoir nous frotter à un autre projet, plus original et collant parfaitement à l'éthique d'ERTiPS Expedition... Le Mont Poï, perdu à 600kms au nord de la capitale Kenyanne, et l'escalade libre de Dancing Dog: une voie de 600 mètres, agrémentée de longeurs en 7c+, isolée et loin de tout, sur laquelle nous n'avons que peu d'informations... tout pour plaire!
Antoine Bletton et ses compagons de cordée,les derniers répétiteurs de la voie, ont suffisament attisé notre curiosité par leur récit (merci encore a eux) et leurs photos pour que cela devienne un objectif prioritaire!
Hélas les tensions au nord du  Kenya ont incité les autorités diplomatiques à interdire à tout étranger une région comprise entre l'Équateur (200 kms au nord de Naerobi ) et les frontières somalienne et éthiopienne. Bien entendu le mont Poï se trouve en plein coeur de cette zone !!

Du coup, la semaine précédant notre départ, nous coupons et recoupons les infos... Réflexions, contact avec un diplomate de l'ONU ( merci Didier et Jean Marc ), raison, déraison...Surchauffe...Impossible de se décider avant d' être sur place .... David trouve un autre contact fiable, Kassim.... Allez, on part et on verra sur place !!!

Les réacteurs poussent... Enfin en l'air!
Naerobi est plongée dans la nuit lorsque nous attérissons. Il est 21h30,découverte de l'Afirique... L'agence où l'on doit récupérer la voiture est fermée!! On reviendra demain !


Dimanche11 décembre 2011

Nous avons notre 4x4, et nous en profitons pour découvrir Naerobi, faire quelques courses (60 litres d'eau tout de même!), et pour déjeuner avec Didier mais toujours pas de décision.... Poï ou pas Poï ?
Nous parvenons enfin à joindre Kassim au téléphone en début d'après midi; hésitation... Les 
feux passent au vert ... On y va ! RDV demain matin avec Kassim.


Lundi 12 décembre 2011

Il est 8h, Kassim nous explique que nous allons rouler jusqu'à un Check Point à Isiolo (début de la zone interdite). Là nous verrons bien si nous pouvons passer. Ensuite direction Lassamis pour trouver un certain Abdi, notre guide jusqu'à N'Gurunit. Il nous faudra alors prendre contact avec une garde armée et des porteurs ... Beau programme cela nous  plait!!!
Nous voilà donc sur la route avec Kassim, on se réconforte mutuellement, se disant qu'on ne risque rien ... Tout va bien!!!
Kassim imperial, nous mène sans encombre jusqu'à Lassamiset et y trouve Abdi....
Le décor n'est plus le même, nous voyageons enfin dans le Kenya de nos rêves d'européen. La route se transforme peu à peu en piste, douloureuse épreuve pour notre voiture et nos lombaires. Mais après 3 heures des paysages fantastiquement arides nous voilà à  N'Gurunit!!!!

   

Africa

Écrit par Amyot Mercredi, 07 Décembre 2011 13:38

L'année 2011 touche à sa fin, la neige fait une apparition tant attendue et l'équipe ERTiPS Expédition réalise les derniers préparatifs pour son nouvel objectif lointain.

Fidèle à l'esprit ERTiPS Expédition, l'équipe a voulu trouver un projet emprunt d'originalité, de partage et d'aventure. La cuvée 2011 sera donc Africaine.

Attisé par le récit de Choub, notre intérêt se porte sur le Mont Kenya, second sommet africain avec ses 5199 mètres. Ce sommet volcanique domine la savane africaine sous les latitudes équatoriales. A la différence des autres grands sommets africains, le Mont Kenya présente un caractère particulièrement alpin par la présence de nombreux glaciers, de faces rocheuses d'envergure et l'absence de voie normale facile. Notre ambition est donc d'aller se frotter à ces voies rocheuses de style chamoniard qui sortent sur les pointes sommitales à plus de 5000 mètres.

Initialement prévu à quatre (Fred, Rako, Amyot et David, fraichement sollicité), notre aventure ERTiPS Expédition devra se passer de Rako qui poursuit son chemin vers le secours en montagne. Nous penserons bien à toi Gé. Ce n'est qu'une parenthèse pour mieux revenir ensuite.

 

Ya plus de saisons mon pote !

Écrit par Amyot Lundi, 05 Septembre 2011 18:59

C'est un été pourri, voila ce qu'on entend régulièrement dans la vallée de Chamonix. Mais ces conditions capricieuses réservent de belles surprises et notamment de faire du mixte en plein mois d'août. Aux dires d'une source sûre et ultra-motivée - le Stub, nous apprenons que la face nord du Cervin est en bonnes conditions. Il n'en faut pas plus pour qu’une équipe ERTiPS Expédition (Rako et Amyot), envisage une excursion en territoire helvétique.

Il n’est plus besoin de présenter le Cervin, cette pyramide de 4478 mètres qui domine orgueilleusement Zermatt. Depuis l’age d’or de l’alpinisme et la tragique première ascension, elle a fait couler beaucoup d’encre. Sa face Nord avec celle des grandes Jorasses et de l’Eiger fera partie des trois derniers problèmes des Alpes. La voie Schmidt, qui fut le premier itinéraire ouvert dans la face en 1931, se décompose en quatre sections. D’abord une pente de neige raide qui donne accès à une rampe en diagonal à droite, puis une portion mixte raide et enfin les pentes sommitales, plus couchées.

Nous décidons donc d'aller bivouaquer à proximité du refuge du Hornli au pied de la voie normale du Cervin. Sur l'approche nous croisons le fameux Stub qui a fait la voie avec Math Brunet et nous donne des infos toutes fraîches. C'est mort bon ‘‘mon gars’’ !

Seconde bonne surprise de la journée est les emplacements de bivouac aménagés au pied de la voie normale, on est aux premières loges pour apprécier le coucher de soleil sur la ribambelle de 4000 de la vallée. Là nous faisons la connaissance de deux Roumains très sympathiques qui sont en pleine traversée des alpes par les voies historiques (www.torok.ro).

Le 13 août, levé à 2h30, départ à 3h30 en même temps que nos Roumains. Nous nous rendons au pied de la voie bien trop rapidement, et dans la nuit nous hésitons un peu sur la pente de neige à remonter. Une des difficultés dans cette face est qu'il n'y a pas vraiment de points particulièrement reconnaissables hormis le nez de Zmutt et les arêtes qui bordent la face. Ça nous vaudra une erreur d'itinéraire avant d'atteindre la rampe et une belle traversée technique, ‘‘la traversée de la loose’’ !

Une fois la rampe atteinte, toute fébrilité a disparu et la cordée ERTiPS Expédition enchaîne mécaniquement les longueurs. En majorité du mixte qui se protège sereinement sur broches courtes ou friends. Les pentes sommitales bien que plus faciles sont moins évidentes à protéger étant donné la médiocre qualité du rocher. Arrivés à 11h15 au sommet Italien, nous faisons la traditionnelle pause casse-croûte dans le nuage qui encapuchonne le Cervin.

Quelque trois heures de désescalade et de slalom entre les cordées sur la voie normale nous ramènent au bivouac (tiens c’est international et multi pratique comme au Mont Blanc ici).

Au final, on retiendra que cette montagne se révèle de toute beauté à celui qui sait faire abstraction de la frénésie qui l’entour. Ici la sauvagerie et quiétude n’ont pas vraiment cours. On en gardera tout de même le souvenir d’une belle aventure technique et humaine dans l’esprit ERTiPS Expédition.

   

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