Écrit par Amyot Lundi, 05 Septembre 2011 18:59
C'est un été pourri, voila ce qu'on entend régulièrement dans la vallée de Chamonix. Mais ces conditions capricieuses réservent de belles surprises et notamment de faire du mixte en plein mois d'août. Aux dires d'une source sûre et ultra-motivée - le Stub, nous apprenons que la face nord du Cervin est en bonnes conditions. Il n'en faut pas plus pour qu’une équipe ERTiPS Expédition (Rako et Amyot), envisage une excursion en territoire helvétique.
Il n’est plus besoin de présenter le Cervin, cette pyramide de 4478 mètres qui domine orgueilleusement Zermatt. Depuis l’age d’or de l’alpinisme et la tragique première ascension, elle a fait couler beaucoup d’encre. Sa face Nord avec celle des grandes Jorasses et de l’Eiger fera partie des trois derniers problèmes des Alpes. La voie Schmidt, qui fut le premier itinéraire ouvert dans la face en 1931, se décompose en quatre sections. D’abord une pente de neige raide qui donne accès à une rampe en diagonal à droite, puis une portion mixte raide et enfin les pentes sommitales, plus couchées.
Nous décidons donc d'aller bivouaquer à proximité du refuge du Hornli au pied de la voie normale du Cervin. Sur l'approche nous croisons le fameux Stub qui a fait la voie avec Math Brunet et nous donne des infos toutes fraîches. C'est mort bon ‘‘mon gars’’ !
Seconde bonne surprise de la journée est les emplacements de bivouac aménagés au pied de la voie normale, on est aux premières loges pour apprécier le coucher de soleil sur la ribambelle de 4000 de la vallée. Là nous faisons la connaissance de deux Roumains très sympathiques qui sont en pleine traversée des alpes par les voies historiques (www.torok.ro).
Le 13 août, levé à 2h30, départ à 3h30 en même temps que nos Roumains. Nous nous rendons au pied de la voie bien trop rapidement, et dans la nuit nous hésitons un peu sur la pente de neige à remonter. Une des difficultés dans cette face est qu'il n'y a pas vraiment de points particulièrement reconnaissables hormis le nez de Zmutt et les arêtes qui bordent la face. Ça nous vaudra une erreur d'itinéraire avant d'atteindre la rampe et une belle traversée technique, ‘‘la traversée de la loose’’ !
Une fois la rampe atteinte, toute fébrilité a disparu et la cordée ERTiPS Expédition enchaîne mécaniquement les longueurs. En majorité du mixte qui se protège sereinement sur broches courtes ou friends. Les pentes sommitales bien que plus faciles sont moins évidentes à protéger étant donné la médiocre qualité du rocher. Arrivés à 11h15 au sommet Italien, nous faisons la traditionnelle pause casse-croûte dans le nuage qui encapuchonne le Cervin.
Quelque trois heures de désescalade et de slalom entre les cordées sur la voie normale nous ramènent au bivouac (tiens c’est international et multi pratique comme au Mont Blanc ici).
Au final, on retiendra que cette montagne se révèle de toute beauté à celui qui sait faire abstraction de la frénésie qui l’entour. Ici la sauvagerie et quiétude n’ont pas vraiment cours. On en gardera tout de même le souvenir d’une belle aventure technique et humaine dans l’esprit ERTiPS Expédition.
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